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La rencontre

Il faisait froid ce soir là. J’allais à sa rencontre quand son message m’est parvenu. Ces quelques mots, pourquoi ne les avais-je devinés ?

L’instant d’après, elle était là devant moi, sourire aux lèvres, et ces mots prenaient maintenant la forme d’une timidité mêlée de surprise.

Ainsi nous nous sommes rencontrés, et pour une fois j’incarnais le rôle du chat, mais ne sachant trop quoi faire de cette souris devant moi.

Je se suis pas très à l’aise avec l’idée que l’autre puisse être une proie potentielle, qu’il faille engager un combat. Tout ça m’échappait.

Et plus encore à ses côtés ce soir là. Depuis ces premiers instants, je m’enivrais de la moindre manifestation de son être, bribe par bribe.

Et ces instants se sont prolongés, se glissant avec nous dans la nuit, nous accompagnant jusqu’à ce que le jour nous drape enfin d’éternité.

Je n’ai même plus la force de pleurer.

Je n’ai pas envie que la nuit me prenne, pas ce soir, qu’elle aille au diable elle et ses heures sombres dans lesquelles tout vous échappe !

Car le réveil sera amère sous le masque, et les viscères douloureuses de s’être tourmentées sous les flots de bile et d’humeurs visqueuses.

Ce soir j’ai vu un soleil sombrer dans des ombres d’une telle noirceur qu’elles absorbaient toute sa chaleur.

Est-ce que la nuit ne l’emprisonnera pas pour l’éternité ? Reviendra-t’il demain à l’aube, brûlant de toute sa splendeur ?

La nuit est devenue si froide, épaisse et nauséeuse, une gangue opaque inspirant le dégoût quand la présence de ses tentacules se manifeste.

(Source : twitter.com)

Le coeur ne dévoile son intelligence qu’à ceux qui savent déceler dans ses battements les irrégularités signant son unicité.

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#TwitterFiction

Deux heures que je tournais sans vraiment chercher à me poser.

Les trottoirs luisants semblaient absorber mollement mes pas comme pour étouffer ma présence aléatoire,

fluctuante, alors que je divaguais entre obstacles et promeneurs vibrants aux pulsations de la ville.

Vrombissements, stridulations, éclats de rires. Les assauts de la cité à mes oreilles comprimaient mon crâne.

Ce besoin d’avancer, sans même savoir où aller, ne connaître l’issue de l’errance, se fondre dans le temps qui s’écoule.

Un choc. L’horizon qui se dérobe, la lumière des phares soudain éblouissante, l’asphalte qui vient épouser mon corps.

Bourdonnement intense et sourd. Du froid sur ma joue. Picotements au front. “Monsieur ! Monsieur, ça va ?”

Me relever, pousser au loin ce sol qui voulait m’étreindre, cette odeur métallique et minérale de trottoir parisien.

À terre après avoir perdu pieds. Un geste de la main pour rassurer l’attroupement. Maugréer quelques mots contre soi-même.

“Monsieur, ça va ? Vous m’avez coupé la route, faites gaffe la prochaine fois !” Le type porte un casque de cycliste.

GifSound

Errances

Je me suis présenté vierge, et je vous ai quittée entravé dans mes propres contradictions, ces chaînes trop lourdes qui m’éloignent de vous.


Se voir tantôt bercé tantôt bousculé, ne pas perdre pied et braver le sol qui souvent se dérobe, sourire à la vie comme elle vient et aimer.


De quoi s’alimente le feu qui me consume ? Du souffle de cette musique composée pour quatre mains, harmonie d’un matin printanier inachevée.


La lumière venue chasser l’ombre révéla une perle de nacre dans un fragile écrin de douceur, et son éclat demeure gravé au fond de mes yeux


J’étanche mes rêves dans les ondulations que dessinent vos cheveux, rendus à leur liberté par la fraîcheur ruisselant sur votre peau.


[à suivre…]

(Source : twitter.com)

L’ultime élan

D’elle je me refusais à ne retenir que les yeux qui percèrent plus sûrement mon être que cette lame ruisselant froidement de mon sang.

La mort semblait douce en ce soir où seules les traces de mes pas chancelants trahissaient cette source de vie qui désormais s’éteignait.

Abréger mes souffrances dans cet ultime élan de douleur, était-ce là l’ironie que me réservait la lutte pas même entamée contre ces démons ?

Elle n’en saurait rien, car je n’étais déjà qu’une ombre diffuse loin du chemin dont chacun de ses pas assurés chassait l’obscurité.

Il avait suffit que cette main qui ne la quittait pas écarte ses cheveux, dévoilant la courbe naissant de l’épaule et menant au visage.

Et cette soudaine audace fit naître en moi l’irraisonnable nécessité de pouvoir accrocher une voix, un regard, un sourire sur ces instants.

Mais en avais-je seulement le droit ? Qu’étais-je donc pour oser voler ce cœur qui ne pourrait que s’assécher entre mes mains tremblantes ?

La fille de l’ennui

J’agrémentais mes heures de tes silences assassins, tes vas-et-viens futiles; et ta pesante absence tenait du gouffre sans fin.

Tu riais de mon apathie comme on le fait d’un clown malhabile, arrosé à son propre jeu, les yeux dégoulinant d’un maquillage détrempé.

Et je fermais les yeux, encore, toujours, luttant contre les souvenirs, fuyant les jours qui s’enchaînaient tels une interminable averse.

La vie bourdonnait autour de moi, inlassablement, des éclats de rires aux torrents de larmes, toutes ces choses dont le sens m’échappait.

Revenait sans cesse l’appel de mon nom dont seul l’écho semblait me parvenir, alourdi de reproches et blessant comme des saillies rocheuses.

Alors je m’enfouissais sous la fine peau recouvrant mes os, refusant à tout ces sons lancinants d’entrer dans ma cervelle pour la liquéfier.

Le temps, bourreau à mains nues indécis, avait fait de moi son livre de chevet, mais il refusait sans cesse de lire la dernière page.

Et chaque jour, dans l’antre de ma solitude, j’échafaudais des plans pour lui tendre l’ultime embuscade.

(Source : twitter.com)

La villa, les arbres et la mer.

La mer, au loin, scintillait entre les troncs élancés des pins parasols. L’air embaumait l’eucalyptus.

Le sol était jonché d’innombrables morceaux d’écorces, d’aiguilles et de pommes de pins, de fruits et de feuilles d’eucalyptus.

Ces arbres protégeaient des regard la villa sise un peu plus haut, si bien qu’il n’était par rare d’y trouver des gens pique-niquant là,

alors qu’ils avaient franchi le portillon délimitant la propriété au bord de la route, croyant sans doute trouver une aire de repos.

À l’ombre de cette majestueuse sylve, je passais des heures, immobile, à contempler la frénétique agitation productive des fourmis.

Leurs va-et-vient incessants se faisaient le long d’artères qu’elles avaient dégagées de tout obstacle jusqu’à la moindre poussière.

Ce spectacle m’absorbait comme si j’avais découvert un étrange flux sanguin et ses innombrables globules véhiculant nourriture et déchets.

La villa était une demeure avant-gardiste des années 70, avec toit terrasse et pilotis s’appuyant sur le terrain en pente.

Décoration sobre et moderne, bordées d’essences locales et d’un jardin rocailleux, elle incarnait une certaine idée du luxe à la française.

Sur la terrasse pavée de grandes plaques de schiste irrégulières, les chênes-lièges nous abritaient du soleil lors des repas d’été.

Quand la villa fut vendue, les nouveaux occupants estimèrent qu’ils devaient jouir de la vue sur la mer, mais pas au travers des arbres.

Aussi ils coupèrent les chênes-lièges de la terrasse, et une partie des pins parasols. Désormais à midi ils s’abritent sous un parasol.

(Source : twitter.com)

#AimonsNous

#AimonsNous comme le feu qui consume chaque fibre jusqu’au cœur de la matière, exacerbant la vie dans son ultime forme.

#AimonsNous comme une oasis offrant ses fruits les plus sucrés et son eau la plus pure aux voyageurs éreintés d’une longue traversée.

#AimonsNous comme un jour sans ombre, où toutes les fleurs ouvertes embaumant les prairies se font lit des ballets aériens des papillons.

#AimonsNous comme une nuit sans nuages, lorsque l’univers inonde la terre de mille feux stellaires, faisant naître tant de rêves d’absolu.

#AimonsNous comme l’aube d’un jour nouveau où rien n’est écrit, où nos pas foulerons l’herbe fraîche des vallées le long des ruisseaux.

#AimonsNous comme une nuit sans fin, lorsque les interdits s’effacent un à un devant la spirale du désir menant au paroxysme des plaisirs.

#AimonsNous comme un repas de fête, où chaque plat qui se succède apporte de nouvelles sensations dans l’ivresse du vin partagé.

#AimonsNous avant que ce soit disant mieux pour l’un et l’autre ne devienne cet amère regret.

#AimonsNous comme les premiers êtres, découvrant dans le reflet de la pomme leur nature profonde.

#AimonsNous ne serait-ce qu’un instant, volé à tout ce qui nous sépare, se rapprocher une ultime fois, une ultime passion, l’intime fusion.

#AimonsNous comme les hirondelles embrassent l’air de leur incessantes vrilles, défi à la pesante gravité pour qui n’a pas d’ailes.

#AimonsNous comme ces enfants se tenant par la main, dans l’innocence du premier baiser, des prénoms gravés sur l’arbre, des vrais sourires.

#AimonsNous comme dans nos rêves, nos poèmes, nos messages, condensés suspendus au réel qu’est ce transport impalpable sans goût ni couleur.

#AimonsNous comme la coupe va aux lèvres y déverser son pétillant nectar, et ces fruits mûrs offrant leurs sucs aux bouchées audacieuses.

#AimonsNous pour rendre hommage aux courbes de ton corps, dessinées pour accueillir source de vie, repos des dieux et toutes les prières.

#AimonsNous en offrande à l’acte originel fondation de l’humanité, cédons sur l’autel tes fruits défendus aux morsures de mon vît reptilien.

#AimonsNous par delà les cent quarante caractères dont se nourrissent nos rêves, pâles lueurs face à l’éclat de nos futures errances.

#AimonsNous comme le navire pourfendant les mers de sa puissante proue, s’arquant à chaque coup de boutoir, y replongeant sans cesse.

#AimonsNous pour qu’enfin se remplissent nos souvenirs de ce qui a été et non de ce qui aurait pu.

#AimonsNous comme la nuit veillant sur nos songes et ses caresses de velours apaisant l’âpreté du jour.

#AimonsNous au cœur de la nuit, où je viens vous ravir des bras de Morphée, pour que nos rêves fusionnent dans ce précieux sommeil.

Hors la nuit, tu n’es qu’une ombre aux contours indistincts se faufilant en riant comme pour mieux m’échapper, même si je te tends les bras.

(Source : twitter.com)